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Les Petits Frères des Pauvres : accompagner la vie jusqu’au bout



Depuis 1946, les Petits Frères des Pauvres luttent contre l’isolement et la solitude des personnes aînées en situation de précarité. L’organisme privilégie la relation, la présence et la reconnaissance de la personne dans toutes ses dimensions. Accompagner, agir collectivement et témoigner : ces trois missions prennent vie à la Maison Yersin, où des personnes en situation de grande précarité ou d'itinérance trouvent un lieu de vie, d’appartenance et de sens.


Située dans le 13ᵉ arrondissement de Paris, la Maison Yersin est née d’un projet ambitieux : créer un espace inclusif ouvert sur la communauté. Le lieu regroupe plusieurs formes d’habitat : pension de famille, résidence autonomie et petite unité de vie, ainsi qu’un café communautaire au rez-de-chaussée qui agit comme un pont entre les résidents et le quartier.


À la Maison Yersin, la fin de vie n’est pas reléguée à l’arrière-plan ; elle fait partie de la vie collective. La petite unité de vie, destinée à des personnes de 50 ans et plus ayant connu des parcours de grande rupture, illustre parfaitement cette philosophie. Chaque résident dispose de son espace privé, mais la vie quotidienne s’organise autour de repas partagés, d’activités communes et d’une présence humaine continue. L'établissement n'est pas médicalisé, mais l’on accompagne les résidents à leurs suivis médicaux et psycho-sociaux.


Jeanne : retrouver une dignité jusqu’au dernier souffle


Jeanne avait 58 ans lorsqu’elle est arrivée à la Maison Yersin. Son parcours avait été marqué par l’errance et la violence. À Yersin, elle a trouvé une chambre lumineuse, des repas réguliers et des personnes qui la regardaient et l’appelaient par son prénom.


Lorsque son cancer, diagnostiqué tardivement, s’est aggravé, l’équipe, en cohérence avec les valeurs des Petits Frères des Pauvres et de la Loi 2002-2, a construit avec elle un projet d’accompagnement respectueux de ses volontés. Craignant de « disparaître sans laisser de trace », Jeanne a choisi d’organiser une petite cérémonie avant sa mort : des chansons, un repas partagé, une photo avec les autres résidents : « Je veux qu’on se souvienne que j’ai ri ici », disait-elle.


Après son décès, une bougie a été allumée dans le hall. Quelques jours plus tard, un goûter commémoratif a rassemblé résidents, employés et bénévoles, quelques membres de la famille de Jeanne se sont également présentés.


À Yersin, la mort n’est pas effacée : elle est reconnue, ritualisée, partagée.

 
 
 

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